De 1618 à 1790, plusieurs milliers d’hommes firent profession dans la congrégation de Saint-Maur. Ils ne promettaient pas la stabilité dans une maison, comme le voulait l’ancien usage bénédictin, mais dans la congrégation entière : le chapitre général pouvait ainsi les envoyer d’une province à l’autre, là où une communauté, une école ou un chantier savant avait besoin d’eux. Tous recevaient la même formation, aux humanités, à l’Écriture, aux Pères et aux principes du chant, dans les maisons d’études que chaque province entretenait. Les plus doués rejoignaient Saint-Germain-des-Prés ou les Blancs-Manteaux pour les grandes éditions.
La congrégation tint registre de ses membres avec le même soin que de ses chartes. La matricule des profès, les nécrologes des maisons et les bibliothèques des écrivains que ses moines rédigèrent eux-mêmes permettent aujourd’hui de suivre presque chacun d’eux. Cette page en donne les instruments ; elle forme le deuxième livre de la bibliographie raisonnée du Conservatoire.
Les bibliothèques des écrivains
Dès 1716, le bénédictin de Melk Bernhard Pez dressa la liste des écrivains mauristes ; dom Philippe Le Cerf la reprit en 1726, et dom René-Prosper Tassin en donna en 1770 l’Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, qui fait encore autorité. Les suppléments d’Ulysse Robert (1881) et de dom Ursmer Berlière (1908-1932) la complétèrent ; Philippe Lenain en a donné de 2006 à 2018 la refonte moderne.
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Pez, Bibliotheca Benedictino-Mauriana (Augsbourg-Graz, 1716)Bodleian Library, Oxford / Google / Internet Archive, 1716 domaine publicVies et bibliographies des Mauristes réunies par le bénédictin de Melk Bernhard Pez, ami et correspondant de Montfaucon : le regard autrichien sur la congrégation, une génération avant Tassin.
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Histoire littéraire des bénédictins de Saint-Maur (5 tomes : 1612-1655, 1656-1683, 1683-1723, 1724-1787, Abbayes-Index nominum)Philippe Lenain, Collège Érasme (Louvain-la-Neuve) puis Brepols (Bibliothèque de la Revue d’histoire ecclésiastique), 2006-2018 voir aussi : brepols.netRefonte moderne, auteur par auteur, de la bibliographie des écrivains mauristes, avec un dernier volume d’index par abbayes : l’instrument le plus complet pour savoir qui a écrit quoi, et dans quelle maison.
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La matricule et les nécrologes
Chaque profès recevait un numéro d’ordre dans la matricule de la congrégation, avec le lieu et la date de sa profession. Dom Yves Chaussy l’a éditée en 1959 et complétée d’un répertoire biographique en 1991 ; l’Institut de recherche et d’histoire des textes en a fait une base de données, Matriculae, qui suit chaque moine de maison en maison. Le nécrologe de Saint-Germain-des-Prés, publié par dom Vanel en 1896, y ajoute les notices de ceux qui moururent dans la maison mère.
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Les correspondances
Les érudits de Saint-Germain-des-Prés écrivirent à toute l’Europe savante, des bollandistes d’Anvers aux bibliothécaires de Florence et aux bénédictins de Melk. Leurs lettres reçues sont à la Bibliothèque nationale de France ; une partie fut publiée au XIXe siècle, et l’édition critique de la correspondance des frères Pez, à Vienne, en donne aujourd’hui le versant allemand.
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Les grandes figures

Dom Jean Mabillon
1632-1707
Fondateur de la diplomatique. Son De re diplomatica (1681) donne les règles qui permettent de distinguer une charte authentique d’un faux : écriture, formules, sceaux, datation. Dans le Traité des études monastiques (1691), il défendit contre l’abbé de Rancé la légitimité de l’étude au cloître.

Dom Bernard de Montfaucon
1655-1741
Il créa le mot et la science de la paléographie avec la Palaeographia graeca (1708), édita saint Athanase et saint Jean Chrysostome, et rassembla dans L’Antiquité expliquée et représentée en figures (1719-1724) un grand corpus illustré des monuments antiques.
Portraits : dom Jean Mabillon, gravure de John Pass, 1815, National Library of Wales (domaine public) ; dom Bernard de Montfaucon, gravure de Jacques-Nicolas Tardieu, éditée par Michel Odieuvre vers 1755-1765, Rijksmuseum, Amsterdam (CC0) ; via Wikimedia Commons.
Autour d’eux travaillèrent dom Luc d’Achery, bibliothécaire de Saint-Germain et premier organisateur des études, dom Thierry Ruinart, dom Edmond Martène et dom Ursin Durand, voyageurs et éditeurs de textes, dom Denis de Sainte-Marthe, dom Martin Bouquet, dom Antoine Rivet, dom Joseph Vaissète, dom François Bedos de Celles. Les études qui leur sont consacrées sont rangées ci-dessous dans l’ordre de leur naissance.
- Pierre-Benoît de Jumilhac (1611-1682)
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- Gabriel Gerberon (1628-1711)
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- Jean Mabillon (1632-1707)
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- Claude Estiennot (1639-1699)
- II.D.9
- Bernard de Montfaucon (1655-1741)
- II.D.10
- II.D.11
- II.D.12
- Joseph Vaissète (1685-1756)
- II.D.13
- François Bedos de Celles (1709-1779)
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- II.D.16
- Léger-Marie Deschamps (1716-1774)
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- Antoine-Joseph Pernety (1716-1796)
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Portraits
La plupart des portraits gravés des mauristes sont aujourd’hui dans le domaine public ; plusieurs musées les diffusent sous licence libre.
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Les prieurs
Les listes des prieurs de chaque maison, nommés par les chapitres généraux et les diètes, sont données avec la notice de la maison.
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